2 agences à votre service

Accepter l’échec pour mieux réussir

Sportif, entraîneur puis manager, Éric Alard a participé 5 fois aux Jeux Olympiques et à plusieurs Championnats du Monde en bobsleigh. De ces expériences, cet athlète en a tiré des enseignements pour mieux performer et atteindre ses objectifs.

– Après 26 ans de pratique à haut niveau du bobsleigh, que faites-vous à présent ?

Eric Alard : J’ai développé une offre de coaching et de conférences autour de la notion de performance. J’interviens désormais partout dans le monde pour partager mes méthodes et approches auprès d’un public varié : dirigeants, managers, sportifs, entrepreneurs, étudiants. Quel que soit notre domaine d’activité ou notre âge, nous avons des objectifs et, bien sûr, l’envie de les atteindre. Il n’est donc jamais trop tard pour apprendre et tester de nouvelles manières de réussir. En parallèle, je dirige deux écoles d’enseignement supérieur, Amos Nantes et Amos Rennes, qui forment au business du sport.

– Participer à des Jeux Olympiques est une expérience unique. Comment la prépare-t-on ?

E.A. L’athlète est toujours dans une optique de se dépasser, de repousser des limites, aux JO comme dans tout championnat. La spécificité olympique, c’est que l’échéance n’arrive que tous les 4 ans. D’un côté, le calendrier est connu donc cela permet d’organiser sa préparation bien en amont, sans surprise. Mais c’est donc une tension supplémentaire car si on rate cette échéance, l’opportunité de performer ne se renouvellera que 4 ans plus tard. Une éternité ! Par ailleurs, il y a une pression incroyable pendant les Jeux : les médias, les spectateurs, l’audience mondiale… Face à ça, les sportifs préparent très souvent en s’aidant de la visualisation. Ils répètent les mêmes gestes des centaines de fois dans le vide, alors qu’ils les savent parfaitement. Moi, la piste de bobsleigh de La Plagne, je la connais tellement par cœur que je peux ressentir l’inclinaison de tel ou tel virage en étant dans mon salon.

– Cette technique de visualisation est-elle transposable dans la vie professionnelle ?

E.A. Oui bien sûr, et c’est même par là qu’il faut commencer pour réussir. Préparer, et encore préparer. Un conférencier va repérer avant la salle dans laquelle il va intervenir. Un commercial peut répéter son argumentaire devant sa glace ou un auditoire pour s’exercer. L’anticipation est l’une des clés pour réduire le stress.

– Parlons de l’échec. Comment l’accepter et rebondir ?

E.A. Pour revenir au monde sportif, l’échec fait partie de la vie d’un athlète. Il est forcément présent dans une compétition. Il aide en général à se remettre en question, sortir du cadre et de sa zone de confort. Et c’est valable pour chacun d’entre nous. Je n’ai pas réussi à atteindre mon objectif : comment puis-je m’améliorer ? Que puis-je mettre en place de nouveau, en y allant prudemment, en aménageant la prise de risques ?

Je distingue deux types d’échecs : celui que l’on vit pendant l’action et celui qui est récurrent. L’échec pendant l’action mérite que l’on revienne dessus plus tard. Il faut savoir le dissocier de l’action pour ne pas être paralysé pendant. A posteriori, c’est important d’analyser son erreur pour progresser. Quant à l’échec récurrent, il renvoie aux objectifs fixés : sans doute sont-ils mal ajustés. Il faut alors les revoir afin de ne pas se mettre en danger et rester bloqué.

– Comment ?

E.A. En faisant appel au collectif ! La prise de recul vient du regard des autres. Collègues, amis, coach… les échanges avec autrui favorisent la performance. À mon avis, le travail en équipe est source de progression, même si la confrontation n’est pas toujours facile.

– Est-ce un message que vous délivrez à vos étudiants ?

E.A. Oui, je les incite à être curieux, à savoir justifier leurs actes, à s’engager sur des chemins différents. Faire un pas de côté, c’est prendre un risque, certes, mais c’est aussi se donner les moyens d’avancer, quitte à se tromper. Il ne faut pas être paralysé par la peur de l’échec. En se fixant des objectifs réalistes, c’est un levier de performance. Surmonter les déceptions et capitaliser sur les victoires doivent devenir des réflexes quotidiens pour progresser.

Je constate que cet état d’esprit est recherché dans le monde professionnel. Si les entreprises accordent de plus en plus d’importance aux soft skills, c’est bien qu’elles veulent des collaborateurs qui savent penser autrement. Sortir du cadre, tenter autre chose, en s’appuyant sur la force d’une équipe, c’est une richesse !

Sarah Fournier, fondatrice de ProActif, abonde dans ce sens : « L’anticipation a toujours été une clé pour réussir dans tous les domaines, toutefois, la difficulté actuelle est de pouvoir le faire comme un funambule, en suspension. La recherche d’équilibre, le calme et la confiance sont importants pour une traversée exécutée avec succès. Alors pas à pas, avançons tout simplement en visualisant la réussite de chaque action. Gardons en mémoire que “Essayer c’est réussir”.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *