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Les salariés et la déconnexion

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déconnexionLe sujet a été cadré en 2017 par le Code du travail mais la pandémie a encore accentué la tendance. Si les outils numériques se sont avérés utiles pour maintenir l’activité professionnelle pendant les confinements, ils peuvent induire malgré tout une nouvelle pression pour les salariés, celle d’une disponibilité permanente.

Et vous, débranchez-vous pendant vos vacances ?

Le smartphone et nos mails au bout des doigts

Comment résister ? Une impulsion sur l’écran et notre messagerie s’ouvre. Au réveil, avant de dormir, partout et à chaque moment de la journée, le téléphone ne quitte pas nos poches. Il nous relie à nos amis, à notre famille, au reste du monde… et à notre travail. La tendance est grande de consulter ses emails professionnels non-stop, week-end et vacances compris. Il faut rajouter à cela les autres types de sollicitations que sont les appels, les sms et les notifications de groupes WhatsApp émanant de supérieurs ou de collègues. Dans ces conditions, les temps de repos ont-ils encore un sens ?

Ceux qui pratiquaient le travail à domicile avant le coronavirus avaient sans doute pris une longueur d’avance sur les salariés plongés brutalement dans l’univers du télétravail. Passée la mise en place chaotique de mars 2020, chacun s’est organisé pour assurer son poste à distance depuis son salon ou son canapé. Mais très vite, la porosité entre vie privée et vie professionnelle a gagné les foyers. En l’absence d’horaires du bureau, ou avec les enfants à la maison, difficile d’établir une frontière chez soi entre les deux. Mais il serait trop réducteur d’imputer cette dérive à la crise sanitaire puisque la loi s’était emparée du problème depuis 2017.

Un droit à la déconnexion sans obligation de résultat

Défini dans la Loi travail, l’article L. 2242-17 du Code du travail de 2017 précise le droit du salarié « à la déconnexion et la mise en place par l’entreprise de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale. »

Le principe est énoncé mais sa mise en œuvre dépend de modalités selon la taille de la structure :

  • Soit par des accords d’entreprise, dans le cadre de la négociation collective sur la qualité de vie au travail, qui doit avoir lieu chaque année dans les sociétés de plus de 50 salariés. Chez Orange, par exemple, l’accord portant sur l’«accompagnement de la transformation numérique» met l’accent sur la formation aux usages des outils digitaux pour tous les salariés. Pour garantir le droit au repos, l’opérateur a prévu de ne pas couper la messagerie du collaborateur pendant ses vacances, mais la mise en place d’un message lors d’envoi de mail à des horaires anormaux pour prise de conscience.
  • Soit par la signature d’une charte après avis du comité social et économique à partir de 11 salariés,
  • En dessous de ce seuil, c’est l’employeur qui décide s’il veut instaurer un code de conduite ou pas.

 

Dans tous les cas, la loi n’impose pas d’obligation de résultat. Pourtant, en janvier 2021, le Parlement européen a mis le sujet en avant pour envisager une réglementation européenne là-dessus. Il y a donc une vraie démarche de sensibilisation à entreprendre, avec ou sans contrainte, pour réguler le fait d’être hyperconnecté à son job. Et même si l’employeur met en place une méthodologie de distanciation numérique, c’est le salarié lui-même qui peut souhaiter rester en lien permanent avec son travail. Il doit donc apprendre à se réguler

Connexion pendant les vacances : pour ou contre ?

Dans une journée, traiter ses mails professionnels représente environ 25 % du temps de travail. Dans ses conditions, certains préfèrent les lire au fil de l’eau, pendant leurs vacances, pour éviter le stress de la rentrée avec plusieurs dizaines ou centaines de mails accumulés sur leur messagerie. Une attitude qui est, sans surprise, plus répandue chez les cadres et les dirigeants.

D’autres choisissent au contraire de couper les ponts, quitte à passer un peu en force pour fuir la tentation ! Des témoignages sur la déconnexion montrent des managers qui partent délibérément dans des destinations où il n’y a pas de connexion, ou encore qui pratiquent des activités de loisir incompatibles avec la consultation de ses mails. Difficile de surfer un smartphone à la main !

Pour ceux qui préfèrent toutefois rester en contact pendant les vacances, de peur parfois de rater une info ou pour s’aménager un retour de congés plus serein, les bonnes résolutions peuvent aider à mieux gérer son temps libre, sans se sentir envahi :

  • Se discipliner en fixant des plages de consultation de mails, par exemple une heure par jour, ou une fois par semaine ; cela permet de garder un œil sur l’activité, de se tenir au courant ou de traiter les mails les plus urgents tout en se ménageant des moments de repos nécessaires.
  • Instaurer pour soi, et pourquoi pas pour toute la famille, un principe de détox digitale. Pas de smartphone par exemple pendant la journée ou pendant le diner…
  • Pour les managers, apprendre à déléguer, organiser la continuité des dossiers en son absence et n’être joignable qu’en cas d’urgence définie au préalable. Cette anticipation est la condition sine qua non pour garder l’esprit tranquille.
  • Supprimer les notifications qui renvoient sans cesse à l’actualité professionnelle.
  • Enlever la synchronisation de mails sur son téléphone.
  • Éteindre son téléphone pro et demander à son équipe de laisser un message seulement en cas de nécessité.
  • Avertir de son absence sur sa messagerie mail en indiquant les coordonnées d’un collaborateur chargé de prendre le relais.

 

« Vis-à-vis de sa hiérarchie, le salarié peut aussi « éduquer » son manager, par exemple en ne décrochant pas à tout bout de champ, note Sarah Fournier, dirigeante de ProActif recrutement.  Pendant les vacances, la pause déjeuner ou les week-ends, chacun peut comprendre qu’on ne soit pas disponible. Nous sommes tous conditionnés par l’immédiateté des moyens de communication et d’information. Dans notre vie professionnelle, nous devons également nous discipliner pour définir des priorités et des règles à tenir. Sauf cas exceptionnel, ce n’est pas un drame si on ne répond pas à un mail dans la minute ! »

En savoir plus

Vous pouvez retrouver notre article concernant le brown-out : comment le détecter ?

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