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Les bonnes pratiques du management sportif

eric alard

eric alardPlus que quiconque, les sportifs sont soumis à la pression des résultats. Record à battre, championnats, médailles… leur vie est jalonnée d’échéances souvent impitoyables. Face à cette pression, comment l’entraineur sportif fait-il pour créer une cohésion d’équipe ?

Eric Alard a longtemps évolué dans le monde sportif. Sa carrière d’ancien athlète de haut niveau – il a participé à de nombreux Jeux Olympiques et championnats du monde dans sa discipline, le bobsleigh- l’a amené à entrainer les équipes nationales de France, Suisse et de Corée. Désormais directeur de l’école de management sportif Amos business school de Nantes, il anime également des conférences et formations sur la cohésion d’équipe.

Les méthodes de coaching et management sportif sont-elles adaptables dans l’entreprise ?

Eric Alard : Oui bien sûr, car dans tous les cas, il s’agit de favoriser la communication entre les personnes de manière à atteindre un objectif commun.

– Quel est le point de départ ?

E.A. : L’interaction entre les individus. Même un autoentrepreneur ne travaille pas seul, il a forcément des fournisseurs, des partenaires, des clients. Ce qui crée le plaisir au travail, c’est justement la qualité des relations entre les personnes. Mais c’est là que les difficultés commencent bien souvent. Car nous sommes tous différents et pas forcément préparés à bien nous comprendre.

Pour illustrer cette diversité, je raconte une histoire lors des formations que j’anime, celle d’une femme qui doit rejoindre son mari après avoir quitté son amant. Sur son chemin, elle est confrontée à un fou qui menace de la tuer si elle traverse le pont, passage obligatoire pour rentrer chez elle. Elle demande donc de l’aide au passeur sur la rivière et à son amant mais au final, elle meurt. Le but de l’exercice est de classer chacun des 5 personnages de l’histoire par ordre de responsabilité dans la mort de cette femme. Dans la salle, s’il y a 30 participants, il y aura 30 avis divergents, car chacun jugera en fonction de sa culture, son histoire, ses croyances, ses blessures. C’est par cette métaphore que j’illustre la difficulté de fonctionner en équipe et la nécessité d’intégrer la différence chez l’autre. Plus on accepte celui qui est en face, plus l’expérience sera riche et bénéfique pour tous.

– Est-ce possible quelle que soit la génération ?

E.A. Plus encore avec l’émergence sur le marché de l’emploi des générations Y ou Z, dont les aspirations peuvent parfois être à l’opposé de celles de leurs managers plus âgés. Chacun doit faire l’effort de comprendre l’autre et de l’écouter. Ces jeunes adultes ont souvent beaucoup voyagé, le contact avec d’autres cultures a élargi leurs horizons. Partager ces expériences est forcément enrichissant pour tout le monde, il faut juste en avoir envie et aménager des temps d’écoute et de rencontres, sans rejet a priori.

– Quels sont les points communs et les écarts entre le monde sportif et celui de l’entreprise ?

E.A. En sport, les échéances sont connues bien à l’avance, ce qui facilite la planification, mais l’athlète ou l’équipe n’a aucune prise dessus puisqu’elles sont fixées par des instances extérieures. Le Graal étant représenté par les JO qui n’ont lieu que tous les 4 ans. Alors, nous avons certes du temps pour nous préparer, mais plus l’objectif approche et plus la pression et le stress augmentent. Parce qu’on sait que, si on rate cette échéance, il faudra attendre 4 ans supplémentaires pour avoir de nouveau une telle opportunité. Et, à ce niveau de compétition et de performance, la fin d’une carrière peut dépendre d’un écart d’un seul centième !

Alors que dans l’entreprise, c’est cette dernière qui, bien souvent, établit son propre programme de développement et donc les échéances attenantes à ses objectifs. Elles peuvent parfois avoir plus de souplesse et changer si besoin la date de l’objectif final. Un business plan élaboré sur 3 ans peut ainsi être décalé de quelques mois. Les enjeux sont aussi importants qu’une compétition olympique mais cette échéance finale moins marquée permettra de mieux gérer la pression liée aux investissements humains, financiers et temporels.

Par contre, les fondamentaux restent les mêmes pour que l’équipe fonctionne. Le manager doit d’abord établir un langage commun et s’assurer que tout le monde a bien compris les enjeux. Je dirai que cette cohésion intervient à 90% dans le succès. Les 10% restants relèvent de la motivation individuelle et feront la différence. Le manager doit donc cerner les attentes de chacun par rapport à la réussite de l’objectif. L’un peut chercher de la reconnaissance, l’autre un gain financier, une future promotion, de la sécurité ou au contraire plus d’indépendance, etc. Sachant que cette motivation peut être fluctuante et changer selon l’avancée du projet ou de la situation du collaborateur !

Manager une équipe, c’est être sans cesse en alerte, à l’écoute et disponible, actionner tel ou tel levier selon l’individu, aller chercher un feedback pour anticiper une mauvaise réaction. Cela nécessite vraiment des qualités particulières. Mon conseil pour réussir ce challenge, c’est de savoir aussi s’accorder du repos. Le manager est sur le pont en permanence, il doit s’aménager des temps de récupération pour avoir l’énergie nécessaire le moment venu afin de rester en empathie et favoriser les interactions positives entre les individus.

 

 

 

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