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Les enjeux de la fonction RH

DRH groupe Berton 33Si la fonction RH fut parfois un peu négligée au sein des organisations au profit de la finance, la crise du Covid et les difficultés de recrutement la placent maintenant au cœur de la stratégie de développement. Retour sur 18 mois éprouvants, mais riches d’enseignement, avec Aude Moll Heger, directrice des ressources humaines du groupe Berton.

Aude Moll Heger est DRH du groupe Berton qui compte deux sociétés d’exploitation : SBFM et Berton SAS. SBFM est spécialisée dans les clôtures et grillages et travaille avec l’industrie métallurgique. Berton SAS fournit quant à elle des fournitures industrielles et métallurgiques aux professionnels du bâtiment. Implantées respectivement sur les départements 33, 69 et 16, 17), ces entreprises emploient 120 salariés répartis sur 8 sites. Autant dire que le quotidien d’Aude Moll Heger est parfois acrobatique !

– Revenons sur l’épisode 1er confinement en mars 2020. Quel souvenir en gardez-vous ?

Aude Moll Heger : une tempête, dans laquelle nous étions lâchés du jour au lendemain sans y être préparés. Aucun DRH n’était prêt à cette situation. Le souci était que nous n’avions aucune information, les règles changeaient sans cesse et les services de l’État n’étaient pas en capacité de répondre aux flux de demandes. Ce fut un épisode de stress intense pour les équipes de la fonction RH, mais aussi pour les collaborateurs et pour les dirigeants. Je me suis rendu compte que sur 120 salariés, il y avait environ 80 cas différents, en raison des situations personnelles de chaque salarié où il a fallu jongler entre le chômage partiel, ceux qui pouvaient télétravailler, ceux dont la santé ne leur permettait pas de venir sur site ou ne voulaient pas (par peur de sortir) et les gardes d’enfants. Je me souviens qu’avec Sarah Fournier, de ProActif, avec qui je collabore régulièrement, nous échangions beaucoup pour partager les informations glanées çà et là. Au niveau du groupe Berton, nous avons mis 1 mois pour obtenir nos agréments pour le chômage partiel et pendant ce délai, je ne savais pas quoi répondre ni aux salariés ni à mon employeur si ce n’est être la plus transparente possible en fonction des informations recueillies des organismes d’État. Et nous n’avions pas de matériel de protection, comme des masques ou du gel hydroalcoolique, alors que notre activité devait continuer. Par chance, quand même, nous venions de basculer toute notre informatique sur le Cloud, ce qui a facilité le travail à distance pour tous ceux dont les fonctions le permettaient. Cette bascule des espaces de travail aux domiciles des salariés, accompagnée de la dématérialisation des outils de gestion et RH, a été fluide et s’est bien passée.

– Qu’en reste-t-il ?

A.M.H. Ce fut riche d’enseignement dans la révélation de certains caractères et les négociations qu’il a fallu mener, en particulier sur la prise des congés payés pendant les périodes de confinement. Ensuite, la Direction a accepté durablement le télétravail, ce qui n’était pas le cas avant. Nous avons finalement acté la possibilité d’1 jour de travail à distance par semaine pour les salariés qui le souhaitent, lorsque leur poste le permet. On voit que cela fonctionne, mais j’ai tout de même pris contact avec l’inspection du travail pour réguler cette pratique.

– Quelles mesures avez-vous prises pour encadrer le travail à domicile ?

A.M.H. Nous avons mis en place des relevés d’heures hebdomadaires, sur la base d’une déclaration sur l’honneur faite par le salarié. Mon souci est d’éviter des horaires décalés ou le cumul d’heures supplémentaires en mode « télétravail ». Nous sommes vigilants sur le droit à la déconnexion.

– Vous êtes en fonction depuis 10 ans. Quelles évolutions avez-vous constatées ?

A.M.H. Une recrudescence du volume de procédures administratives. Au-delà du fait que notre groupe a doublé ses effectifs en peu de temps, la place de la DRH a changé car la réglementation du travail est complexe et s’est énormément alourdie. Je suis d’ailleurs DAF et DRH et je passe clairement plus de temps sur les missions de la fonction RH depuis ces 4/5 dernières années. Et par ailleurs, nous avons un problème chronique de recrutement. Les équipes de ProActif nous accompagnent sur ce sujet depuis 7 ans. Elles savent que nous recherchons des compétences et du savoir-être. L’un ne va pas sans l’autre. Mais on sent que la crise sanitaire a encore plus freiné le retour à l’emploi. Nous avons mis presque 2 ans, par exemple, pour embaucher certains profils. À ce niveau, les ressources humaines sont au cœur de la stratégie de l’entreprise. La gestion des compétences est un enjeu de développement. Nous avons la responsabilité de recruter les bonnes compétences avec un encadrement adapté pour avancer sereinement.

– Quels sont vos atouts pour attirer des talents ?

A.M.H. La stabilité et les valeurs d’une entreprise familiale. C’est un point fort car l’une des entités a 90 ans d’ancienneté et l’autre 70 ans. Nous avons une activité pérenne, nous recrutons. Nous revendiquons également un esprit d’équipe très présent. Chez nous, le travail de chacun est reconnu et nous mettons en œuvre un vrai processus d’intégration. Le savoir-être fonctionne dans les deux sens !

– Disposez-vous d’appuis externes pour exercer vos missions ?

A.M.H. Oui car notre activité bordelaise dépend des métiers de la métallurgie. Nous sommes donc affiliés à l’UIMM. J’assiste régulièrement à des conférences, je suis en contact avec les juristes sociaux et les experts du syndicat des métiers de la métallurgie ainsi qu’avec nos experts comptables. C’est un réel soutien, je ne pourrai pas avancer seule. Les échanges avec Sarah Fournier, de ProActif, sont également importants pour moi. Nous confrontons nos points de vue sur le droit du travail car nos sources sont différentes. C’est un dialogue enrichissant.

Conclusion de Sarah Fournier :

Depuis de nombreuses années, j’accompagne, avec les équipes Proactif, des entreprises de toutes tailles (de 3 à plus de 1000 salariés) dans leur recrutement et conseils associés. Force est de constater que les Drh et leurs services sont de plus en plus sollicités entre les changements réglementaires incessants, les attentes des salariés quant aux mutations sociétales, les demandes de reconversions, les contraintes, freins ou peurs de certains candidats à se mobiliser, s’enthousiasmer, pour un emploi durable, ou non et la crise sanitaire qui ne fait que renforcer ces phénomènes.

La fonction des ressources humaines est devenue un axe stratégique pour l’ensemble de l’économie. Sans Êtres humains volontaires, nous ne pourrions composer une équipe, un service, une entreprise, une économie, un pays !

Comme disait Winston Churchill : ” Là où se trouve une volonté, il existe un chemin.

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