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Les freins à l’emploi : quelles solutions ?

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freins emploiPour certaines catégories de demandeurs d’emploi ou intérimaires, des difficultés quotidiennes peuvent constituer un obstacle à leur insertion professionnelle. Non maîtrise du numérique, horaires décalés, illettrisme, mobilité… les motifs de blocage sont bien identifiés par les pouvoirs publics et les collectivités qui mettent en place différents dispositifs d’aides.

Le digital, 1er frein identifié

Souvent présentée comme une solution facilitante en termes d’accessibilité, de souplesse et de recherche d’informations, la manipulation informatique d’un dossier, d’un formulaire ou l’envoi de pièces justificatives est synonyme pour certains de parcours du combattant. Pour celui qui ne maîtrise pas correctement le maniement de l’ordinateur, des logiciels ou la navigation sur internet, le découragement s’installe très vite. Un autre obstacle rencontré avec le digital concerne l’équipement. L’utilisation de nombreuses applications prévues pour communiquer avec les agences de travail temporaire ou les services (CAF, banque, Pôle Emploi, etc.) nécessite un smartphone. Tout le monde n’a pas un modèle de téléphone de ce type.

L’infographie publiée par Pôle Emploi sur le sujet est éloquente. Parmi les 2 millions de demandeurs d’emploi français qui déclarent rencontrer un frein social à l’emploi, 58 % d’entre eux citent le digital… qui arrive en tête des freins au retour à l’emploi.

Pôle emploi a donc fait de l’inclusion numérique un chantier prioritaire. Lors de leur inscription au chômage, les travailleurs doivent répondre à des questions portant sur leur maîtrise des outils informatiques. Face à cet impératif, les agences Pôle Emploi ont nommé des Ambassadeurs du digital chargés d’accompagner ceux qui en ont besoin. Des jeunes en service civique sont également mobilisés dans le même objectif.

Se déplacer, une condition souvent essentielle pour travailler

Dans l’infographie de Pôle Emploi, les problèmes de mobilité représentent 21 % des freins identifiés. Sarah Fournier, fondatrice de Proactif intérim, le reconnait. Une réponse négative à la question « Avez-vous votre permis de conduire » restreint assez souvent le champ des missions de travail temporaire. Toutes les entreprises ne sont pas desservies par des transports en commun, sans compter les horaires décalés -travail de nuit, tôt le matin ou en soirée- pour lesquels il n’y a pas de transport collectif. Disposer d’une voiture devient alors nécessaire.

Le chiffre est considérable : en France près de 7 millions de personnes rencontrent des difficultés pour se déplacer sur leur lieu de travail, que ce soit pour absence de permis de conduire ou d’impossibilité de financer un véhicule.

Les solutions concrètes existent à travers les plateformes mobilité. Pôle Emploi peut diriger les demandeurs vers ces structures, chargées de lever les freins à la mobilité pour les personnes en recherche d’emploi. L’État a également augmenté les facilités au micro-crédit pour ceux qui n’ont pas accès au crédit classique, dans le but d’acquérir une voiture ou un deux roues, de financer le permis de conduire ou l’assurance auto.

Les villes multiplient également les facilités de déplacement, à l’exemple de Saintes qui met en place en mai prochain des locations de vélo électriques.

Travailler en horaires décalés

Certains les choisissent, préférant travailler de nuit et être plus disponibles la journée. Pourtant les horaires atypiques posent souvent des problèmes logistiques très concrets : les transports, mentionnés plus haut, mais aussi la garde des enfants, impactant plus spécifiquement les mères isolées.

Certaines régions apportent des solutions, à l’image de cette municipalité près de Nancy qui propose aux habitants d’un quartier difficile un dispositif innovant. Le centre communal d’action social (CCAS) met en relation des étudiants sélectionnés et des familles modestes, ayant besoin de faire garder leurs enfants en dehors des horaires standard. Dès 5 h du matin, jusqu’à minuit, les jeunes prennent le relai des parents… en respectant les tarifs négociés par le CCAS.

Lire, écrire, calculer… des fondamentaux indispensables

L’illettrisme concerne aujourd’hui 2,5 millions de Français, soit une personne sur quinze. Ces personnes, dont la moitié a plus de 45 ans, sont bien sûr en difficulté pour s’insérer et évoluer dans son travail. L’agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANCLI) a mis en place différents programmes de remise à niveau, à commencer par la certification CléA. Elle vise l’acquisition d’un socle de compétences de base indispensable dans le monde professionnel. Par exemple, communiquer en français, maîtriser les gestes et postures, respecter des règles d’hygiène, de sécurité et
environnementales élémentaires, utiliser les bases de calcul et du raisonnement
mathématique, manipuler les outils de communication numérique, apprendre les règles du travail en équipe, etc.

En plus de tous ces dispositifs, rappelons que le Fonds d’Action Sociale du Travail Temporaire (FASTT) prévoit également de nombreuses aides à destination des travailleurs temporaires pour financer un projet, louer un véhicule, faire garder les enfants, trouver un logement, etc. « Nous pouvons aider les intérimaires dans ces démarches », précise Sarah Fournier. « Lorsque quelqu’un est motivé pour trouver un travail, même temporaire, les solutions existent. Qu’il vienne nous en parler ! »

En savoir plus :

Tous les chiffres sur l’infographie de Pôle Emploi

Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme

Télécharger la plaquette d’information CléA

Consulter le site thématique sur la mobilité du ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion : mesaidesverslemploi.fr

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