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Les jeunes, l’emploi et le Covid

jeunes et emploi

jeunes et emploiIls affrontent en première ligne les impacts de la pandémie sur le monde professionnel. ProActif a souhaité en savoir plus, en menant une enquête auprès des 18-30 ans et en leur consacrant 2 articles : leur motivation par rapport au monde du travail et les conséquences de la crise sanitaire sur leurs orientations.

Études à distance, emplois saisonniers en baisse, problèmes pour trouver des stages, accès perturbé à l’alternance, réduction des recrutements… La liste des difficultés est longue pour cette génération qui se dirige, de manière chaotique, vers son avenir professionnel. Via les réseaux sociaux, ProActif s’est rapproché de 85 jeunes pour recueillir leur avis et leurs témoignages sur leur situation actuelle.

Les études protègent un peu

Sans surprise, ce sont les nouveaux bacheliers qui répondent majoritairement « oui » à la question : « Avez-vous été obligé d’arrêter vos études à cause du covid-19 ? ». Ceux qui sont déjà engagés à bac + 2 ou +3 poursuivent, tant bien que mal. Même s’ils reconnaissent qu’il est compliqué de trouver un stage ou une alternance. Mais globalement, ils continuent leurs études, ou les font durer en laissant passer un peu la tempête, comme le montre ce témoignage : « J’ai décidé de poursuivre encore mes études plutôt que de me retrouver au chômage sur un marché du travail à l’arrêt. » Cela corrobore le résultat de l’enquête menée par OpinionWay pour Prism’emploi (fédération de l’intérim) et publiée en novembre dernier : suite à la crise du Covid-19, 13 % des étudiants entre 18 et 21 ans souhaitent prolonger leurs études et 51 % des jeunes ont été amenés à revoir leur projet professionnel.

| Notre échantillon :

Font des études 37 %/sont en poste 42 %/sont en recherche d’emploi 21 %

Niveau d’études : bac   22.5 %/ Bac+2 15 %/ Bac+3 17.5 %/ Bac+4 et plus 45 %

Pour ceux qui ont la chance d’occuper un emploi, ou d’être dans des domaines peu concernés (santé, informatique), ils répondent à 56 % « non » à la question : Avez-vous été impacté par le Covid-19 dans le choix de vos études et/ou de votre métier ? » Mais certains regrettent quand même qu’il soit plus difficile de changer d’emploi et d’évoluer. Eux aussi sont tentés de « rester au chaud » en attendant des jours meilleurs, comme l’illustre cette parole : « En poste actuellement, la possibilité de trouver un nouveau job est désormais restreinte à cause du Covid. Les entreprises recrutent moins et celles qui embauchent proposent des CDD, stage, alternance, car elles n’ont pas de visibilité et peur de s’engager. »

Quant aux 44 % de jeunes disant avoir été impactés, ils proviennent surtout de secteurs totalement en crise, comme l’évènementiel, la culture, le tourisme, le sport, la communication.

L’accès à l’emploi, une montagne à gravir

À la question « Avez-vous peur de l’après-diplôme ?», les résultats sont écrasants : 80 % des étudiants répondent de manière positive. Seuls 20 % n’expriment pas de crainte.

S’il est parfois ardu de décrocher un 1er job en temps normal, les jeunes interrogés ici se montrent pragmatiques et désabusés. Leurs témoignages sont sans illusion.

« Mon domaine est déjà très bouché depuis très longtemps, sur mon secteur. Avec la crise sanitaire, on développe les alternances (bien pour les jeunes) au détriment de vrais postes. Cela invite à redoubler d’efforts pour se démarquer, mais peut aussi faire changer de voie ou être dans l’obligation de trouver un job alimentaire. » ;

« Les difficultés économiques d’aujourd’hui vont créer encore et encore des taxes demain… »

« J’élargis ma recherche d’emploi au secteur administratif en général. Mais soit je suis trop qualifiée, soit je n’ai pas assez d’expérience (3 ans)… La vision du travail en France est compliquée. Je reviens d’Australie, où les compétences priment sur les diplômes et les expériences professionnelles. Ici, en France, le diplôme prime sur le reste. »

Et leurs peurs s’expriment sans détour : « Disparition de certains métiers, pertes d’opportunités du fait de budget réduit, précarité de l’emploi, précarité tout court même… », « C’est compliqué pour nous les jeunes, car on sort de l’école, on a très peu d’expérience et là en plus avec le covid, les entreprises ne veulent pas recruter. »

« Le chômage me guette, et si j’ai du travail, ce sera certainement précaire et payé au lance-pierre. Rajoutez à ça qu’on n’est jamais assez qualifié malgré nos grandes études… Ou alors on est assez diplômés mais on n’a pas d’expérience. Les entreprises veulent un doctorant avec 5 ans d’activité professionnelle… âgé de seulement 24 ans ! »

Le télétravail assez discuté

Les avis sont partagés sur le télétravail. Si certains pensent que c’est l’avenir pour échapper à de nouveaux confinements, plusieurs déplorent tout de même le fait d’avoir suivi leurs études à distance, ou d’être isolés à cause du télétravail. « J’ai dû finir ma formation à domicile durant le premier confinement, ce qui a été vraiment difficile. », “j’ai peur de perdre le lien avec les autres“. Les craintes concernent le changement des conditions de travail (par ex : télétravail), ou la généralisation du travail à distance. « La situation rend l’intégration et les relations humaines plus complexes. »

Certaines écoles ont même mis en place des dispositifs de soutien face à la détresse constatée de certains étudiants. C’est le cas à l’université de Bordeaux Montaigne. La cellule d’accompagnement social mobilise plusieurs étudiants rémunérés, qui prennent les appels de leurs condisciples. Souci d’argent par manque de job d’appoint, isolement, stress dû au fait de suivre les cours derrière un écran, angoisses liées à la situation sanitaire et économique… les causes de mal-être ne manquent pas, principalement pour ceux qui débutent leurs études, les étrangers et ceux que leurs parents ne peuvent soutenir.

Ils s’adaptent

Le baromètre OpinionWay met en avant l’agilité -bien vécue ou non- des jeunes adultes. 22 % ont changé de secteur d’activité, et 15 % de métier. Ils essaient de se débrouiller, parlent de plan B, à l’image de Ronan, 23 ans, entraineur et préparateur physique. Après son diplôme d’entraineur sportif et maître-nageur-sauveteur (MNS) obtenu en 2019, il encadre des groupes de sportifs dans des clubs et en piscine. En mars 2020, arrêt de toutes les activités pendant 2 mois. Sa qualification de MNS lui permet de sauver un peu sa saison en partant surveiller les plages cet été. Mais à nouveau, la rentrée et l’automne sont perturbés. « En tant qu’entraineur, je dois maintenir la motivation des sportifs que je suis. Je leur propose des contenus en ligne, des séances par visio de renforcement musculaire et des plannings d’entrainement. Ce mois-ci, j’ai mis en place des jeux et des challenges pour conserver une dynamique entre eux. Mais comme les objectifs de compétition s’annulent au fur et à mesure, c’est compliqué. »

Si Ronan pense « qu’en ce moment, mon métier ne sert plus à rien », son moral de sportif l’aide malgré tout à espérer : « Vivement le vaccin pour que la vie reprenne normalement. »

Cette note d’optimisme se retrouve dans notre enquête. Plusieurs jeunes montrent un état d’esprit positif : « C’est dur de garder espoir et sourire mais nous sommes l’avenir » ou encore « Le monde a subi bien d’autres épidémies à travers les époques. Même si la situation actuelle est catastrophique par rapport à ce que nous n’avons personnellement jamais connu, il faut garder à l’esprit que nous sommes au max de notre technologie, de nos connaissances médicales, de nos capacités de soins notamment en Europe et en France… Tout progresse. Malgré tout, si on jette un coup d’œil en arrière, on s’améliore. Alors gardons espoir, et agissons à notre échelle ! »

Bon à savoir :

Une cellule d’aide psychologique confidentielle, anonyme a été mis en place par le gouvernement et santé publique France.
0 800 130 000 (Numéro vert)
Disponible: 24h/24, 7j/7

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