2 agences à votre service

RH : prendre le temps de s’écouter et d’être agile

Agilité et interim ProActifDepuis plusieurs années, nous sommes confrontés à réagir plus rapidement que les années antérieures. Notre rapport temps est chamboulé, par la vitesse à laquelle nous pouvons faire les choses. Nous devons être de plus en plus agiles pour faire, défaire, penser, agir… Mais le 16 mars est arrivé et depuis, le temps justement prend un autre sens.

Si la digitalisation fournit de formidables opportunités de développement et de communication, elle participe malgré tout très largement à l’accélération de notre vie professionnelle et privée. Les méthodes, les échanges interpersonnels, les outils évoluent sans cesse. Ils demandent souvent aux salariés une grande capacité d’adaptation . Dans un monde en perpétuel mouvement, une économie qui se réinvente, un changement sociétal en plein bouleversement, certains ne se retrouvent plus dans ce qu’ils font, dans ce qu’ils sont.

Fondatrice de ProActif, cabinet spécialisé dans le recrutement, la recherche de compétences et le travail temporaire à Saintes (17) et Mérignac (33), Sarah Fournier dresse un état des lieux inquiétant. Elle reçoit régulièrement des personnes désorientées. « Tout va trop vite et de nombreux salariés ou en recherche d’emploi sont perdus. Ils ont peur de faire mal et dans cette incertitude, certains se paralysent, d’autres sur-réagissent. Nous avons vu naître bon nombre de burn-out, de reconversion, de sorties de route sans connaître son chemin… J’ai la sensation qu’une part importante de collaborateurs n’arrivent plus à suivre le rythme. Que les adaptations successives qu’on leur demande sont trop fréquentes et qu’ils sont épuisés, prêts à décrocher. »

L’occasion d’écouter nos ressentis

En cela, l’arrêt brutal de toute l’économie le 16 mars dernier est sans doute source d’enseignement. Sarah Fournier y voit une opportunité pour chacun d’entre nous : « Avec le confinement, nous avons rendez-vous avec le Temps, très relatif et personnel. Le temps de chacun est différent. Mais c’est probablement l’occasion pour chacun de définir ses priorités et d’apporter légèreté et souplesse à son univers. »

Encore faut-il savoir être indulgent avec soi-même et avec les troubles engendrés par cette situation inédite. Dans le magazine « Elle », le sociologue Frédéric Lenoir constate que « ce ralentissement généralisé nous oblige à faire un retour sur soi, à pratiquer l’introspection et savourer nos états d’âme. Cela permet d’avoir accès à un soi plus authentique, à ses ressentis, à ce que l’on aime vraiment. » Une position partagée dans le même journal par Fabrice Midal, philosophe, qui s’exprime sur cette période de crise : « Jour après jour, il faut accueillir les sentiments négatifs qui nous traversent -la peur, la colère, l’hébétude, l’incertitude. Ce n’est qu’en acceptant ces émotions que nous arriverons à passer à autre chose. »

L’agilité individuelle comme clé d’adaptation    

Cet autre chose pourrait être le développement de son agilité personnelle. Définition : au départ, l’agilité est l’habileté à changer rapidement la position de son corps. Ceci requiert une combinaison d’équilibre, de coordination psychomotrice et de réflexes. Dans la vie professionnelle, on peut rajouter la curiosité, l’ouverture, et très certainement un management plus horizontal, acceptant les erreurs et favorisant l’autonomie des personnes.

Comment tirer parti de cette période d’introspection pour devenir plus agile à titre individuel ? « Prendre le temps de se poser les bonnes questions. Qu’est-ce qui me fait vibrer ? Quels sont mes moteurs, mes valeurs, ce qui me fait avancer ? Pas de recette universelle, juste un “chemin en soi”, pour commencer. Être clair avec soi-même améliore le rapport avec les autres et permet d’être moins bousculé par le contexte » répond Stéphane Maitrehut, qui accompagne des salariés pendant et après la crise du Covid-19. Pour Sarah Fournier, « c’est le centrage de chacun sur sa propre route qui garantit l’agilité, pas après pas. »

Et l’agilité collective comme facteur de performance et de bien-être

En cela, le chemin vers l’agilité peut être grandement facilité par l’attitude de l’encadrement et par la politique managériale de l’entreprise. Si les méthodes agiles ont été créées par le monde de l’informatique dans les années 2000, elles ont maintenant largement pénétré toutes les strates de l’économie. Parmi les principes énoncés dans le Manifeste agile, les processus agiles valorisent davantage les individus et leurs interactions, de préférence aux processus et aux outils. Et ils tirent parti du changement pour renforcer l’avantage concurrentiel du client.

Le rapport commandité par la plateforme Slask sur l’état du travail en France révèle que « la moitié des employés interrogés (51 %) dans le cadre de cette enquête ont confié qu’ils ne disposaient pas des outils et systèmes leur permettant de s’adapter rapidement aux évolutions de leur secteur. Ces résultats suggèrent que la méthode « commander et contrôler » est désuète et sur le déclin. »

Afin que l’agilité soit source de performance, les managers doivent maintenir le lien avec les salariés et communiquer. De plus, ils doivent aussi favoriser l’autonomie, la créativité et le travail collaboratif, tout en mettant en place les bons outils numériques pour cela. Des conditions nécessaires pour s’aligner sur la recommandation faite par Charles Darwin au XIXe siècle. Elle reste plus que jamais d’actualité : “Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *